Janvier 2023
Edition # 142
Mobilité et entreprises du bâtiment FFB AURA

Notre rédaction vous relaie une enquête menée par la Fédération Française du Bâtiment d'Auvergne - Rhône-Alpes face au défi des Zones à Faibles Emissions (ZFE).

A l'horizon 2025, rappelons que toutes les agglomérations de plus 150.000 habitants devront se doter d'une ZFE.

En Auvergne-Rhône-Alpes, les branches Bâtiment, Travaux Publics (BTP) et matériaux de construction ont lancé une vaste réflexion autour des enjeux de mobilité. Cette enquête régionale dresse un état des lieux des usages et attentes du BTP afin d’anticiper la mutation des parcs véhicules, au regard du calendrier de déploiement des ZFE et de l’offre commerciale des constructeurs.

La FFB AURA a engagé des discussions avec les collectivités en ce montrant, ainsi, force de propositions.
 
L'impact du trafic routier est un enjeu important car il contribue à la pollution de l'air, au réchauffement climatique et à l’épuisement des ressources. La problématique de la qualité de l’air est aujourd’hui un enjeu de santé publique majeur en Auvergne-Rhône-Alpes. Les pouvoirs publics comptent ainsi sur des politiques locales, avec notamment la mise en place progressive de Zones à Faibles Emissions mobilité (ZFE-m) : Lyon et Grenoble depuis le 1er janvier 2020, Saint-Etienne au 1er janvier 2022, Clermont-Ferrand prochainement et enfin toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants, d’ici 2025.
 
Dans ce contexte, la FFB AURA a engagé une vaste réflexion sur la mutation du parc automobile des entreprises vers des solutions plus respectueuses de l’environnement, en posant les vraies questions :
- Quelles opportunités ?
- Quels freins et enjeux pour les entreprises ?
- Comment opérer cette transformation de manière viable et durable ? 

L’enquête, conduite auprès de plus de 600 gestionnaires de flottes du Bâtiment en Auvergne-Rhône-Alpes, démontre un réel intérêt des entreprises et artisans pour les motorisations alternatives. En effet, 67% des gestionnaires de 10 véhicules ou plus, affirment avoir l’intention d’acquérir au moins un véhicule à motorisation alternative sur la période 2022-2025. Parmi les intentions d’acquisition sur cette période, l’hybride rechargeable est la solution la plus plébiscitée par les entreprises, suivie par les véhicules électriques à batterie.
Comme le rappelle Thibault RICHARD, ex-président de la commission environnement de la FFB AURA à l’initiative de l’enquête, « la profession est volontaire et consciente des enjeux actuels d’un point de vue environnemental. L’engagement des entreprises en matière de transition écologique est réel et ne date pas des dernières réglementations. Par exemple, nous sommes vivement impliqués dans la gestion des déchets depuis de nombreuses années ». 

A l’occasion d’une table ronde, des représentants de la profession et des élus locaux ont pu échanger sur le déploiement des ZFE et l’impact pour les entreprises du bâtiment. L’occasion de revenir sur les freins qui restent à lever et d’identifier les solutions à mettre en œuvre pour la bonne mutation des parcs automobiles.
Ont participé aux échanges : Thibault RICHARD, ex-président de la Commission Environnement de la FFB AURA – Samuel MINOT, président de la Fédération BTP Rhône & Métropole – Cécile CENATIEMPO, conseillère déléguée à la qualité de l’air à Grenoble-Alpes Métropole – Matthieu VIEIRA, conseiller déplacement et voirie à la Métropole de Lyon. 

Le coût 
Lors du renouvellement ou d’une nouvelle acquisition, les entrepreneurs du bâtiment sont prêts à acquérir des véhicules plus vertueux. Cependant, le coût peut constituer un frein. En effet, 2/3 des gestionnaires de flottes estiment que leur entreprise n’a pas les moyens financiers de s’adapter aux restrictions car seulement 1/3 serait prêt à accepter un surcoût, jusqu’à 6% maximum.
 
Des aides financières sont proposées par les collectivités pour l’achat de véhicules. Sur le territoire de la métropole de Grenoble, « une aide à l’achat est disponible pour les entreprises. Une subvention de 500 à 15 000 euros. » précise Cécile CENATIEMPO. Elle souligne que les entreprises ne s’emparent pas beaucoup de ce dispositif pour le moment. Afin de faire connaître les aides disponibles, la FFB AURA va s’employer à informer les professionnels du bâtiment. 
 
Mathieu VIEIRA, conseiller déplacement et voirie à la Métropole de Lyon, précise également que la Métropole de Lyon travaille à « simplifier et accélérer la procédure d’administration des aides pour que l’entreprise puisse engager rapidement son achat ».
 
Par ailleurs, la FFB AURA plaide pour l’élargissement de ces aides à d’autres territoires, hors métropoles et des critères d’éligibilité. Samuel MINOT, Président de BTP Rhône, déplore, par exemple, que les véhicules hybrides ne soient pas éligibles à certaines aides financières.

L’adéquation de l’offre avec les besoins de l’entreprise
Aujourd’hui, compte tenu des restrictions imposées, force est de constater que l’offre de véhicules n’est pas suffisante. Pour les entreprises, la crainte de ne pas trouver un véhicule adapté à leurs besoins constitue un frein majeur. « Il est encore difficile de trouver l’offre adéquate pour les entreprises qui effectuent beaucoup de longs trajets, d’où l’importance de la dérogation » précise Thibault RICHARD.
 
Le manque d’infrastructures
En parallèle de la problématique de l’offre, se tient le manque d’infrastructures liées aux carburants alternatifs. Qu’ils s’agissent des territoires ruraux ou urbains, les points de rechargement manquent.
 
Les professionnels ne peuvent pas perdre de temps à rejoindre une station éloignée, surchargée ou en panne. Le développement des points de recharge électrique rapide, bioGNV (gaz naturel), hydrogène, dans un maillage resserré et concurrentiel, sont donc nécessaires pour favoriser l’usage de ces motorisations. 
 
Egalement, l’installation de bornes de recharge au domicile des salariés et des entreprises doit être facilitée et encouragée, notamment grâce à une aide financière et cela à minima à l’échelle de chaque Métropole.

Thibault RICHARD et Samuel MINOT précisent « qu’en fixant un cap, avec des échéances, nous enclenchons une dynamique et stimulons les entreprises ». 
 
Toutefois, ils jugent le calendrier « ambitieux ». En effet, les freins cités précédemment, restent à lever. De plus, « la mutation des parcs automobiles peut être lente. A titre d’exemple, il faut compter 1 an et demi de délai pour la livraison d’un poids lourd à motorisation alternative » précise Samuel MINOT.

Les résultats de cette enquête régionale, pilotée par la CERC Auvergne-Rhône-Alpes est consultable en suivant ce lien.

Source FFB AURA / Février 2022