Septembre 2022
Edition # 138
JonOne

JonOne, de son nom de naissance John Andrew Perello, est né à New York en 1963. Les rues de Harlem et les rames du métro new-yorkais voient naître ses premiers tags, ses lettrages et son pseudo d’alors : « Jon156 » (du numéro de sa rue, qui sera d’ailleurs conservé lors de la formation de son célèbre « Crew 156 » parisien).

Sa rencontre avec A-One (alias Anthony Clark), ami de Basquiat, au tournant des années 1980, va pour toujours définir son statut d’artiste : « A-One était le lien entre la rue et le monde de l’art. Il voyageait en Europe et revenait avec beaucoup d’argent, simplement grâce à son art. J’écoutais ses récits de voyage et mes yeux brillaient d’envie. À cette époque à New York, j’étais comme beaucoup aujourd’hui : je traînais devant mon immeuble. En ces temps, moi non plus je ne sortais pas de mon quartier. Grâce à A-One, j’ai commencé à visiter des expositions, à nourrir ma vision de ce qui se passait dans ce monde. J’ai commencé à prendre mon travail au sérieux, à ne pas le considérer comme du vandalisme mais simplement comme de l’art. »

JonOne quitte les États-Unis pour Paris en 1987 et va sillonner la capitale française en compagnie des pionniers du graffiti et du street art français, laissant sa propre marque picturale au gré de leurs descentes. Il rencontre le commissaire-priseur Cornette de Saint Cyr qui lui propose d’installer son atelier dans l’Hôpital éphémère, un squat d’artistes établi au sein de l’Hôpital Bretonneau dans les années 1990. Là, il côtoie des artistes du monde entier et va développer son propre univers artistique. En parfait autodidacte, il va passer de la rue à la toile en mêlant graffiti et lettrages, souvenirs de ses années new-yorkaises, ainsi que son « freestyle », peuplé de couleurs et empreint d’une liberté sans limite. Vitalité, maîtrise de la forme, de la couleur et de la matière, dynamique du geste, flirt avec l’abstraction, tout concorde au succès auquel le street artiste se prépare. Découvert par agnès b., qui perçoit alors le « travail naissant d’un vrai peintre » et lui achète deux toiles, il se lance dans une série de solo shows et autres expositions personnelles (notamment en France et en Allemagne). Face à sa notoriété grandissante, la maison de ventes ARTCURIAL va mettre aux enchères en 2007 une toile de 1993 intitulée « Balle de Match », vendue pour la somme record de 24 800 euros (ce montant sans précédent dans la carrière de JonOne sera détrôné par une succession d’explosions des estimations lors de ventes ultérieures dans cette même maison).

Au-delà des expositions, JonOne va multiplier par la suite des partenariats prestigieux : de la customisation d’une rame de Thalys en 2009 et de la Rolls Royce d’Éric Cantona en 2012, pour une vente aux enchères au profit de la Fondation Abbé Pierre, aux murs de l’Assemblée Nationale, pour laquelle il réalise l’oeuvre monumentale « Liberté, Égalité, Fraternité » (300 x 220 cm) en 2015, JonOne est partout – et le monde se l’arrache.

En constante recherche de nouveauté dans son travail, l’artiste franco-américain est addict à la peinture, avide de renouvellement ; il se pose aujourd’hui comme une figure majeure du street art et l’art contemporain mondial.