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Catégorie : Parole d'expert
Etudes Mycolav

Face au changement climatique, de nombreuses espèces de fleurs et de plantes sont en danger de disparition, à l'image de la lavande en Provence.

Et si la sauvegarde de ces plantes était le fruit d'une solution agro-écologique, comme le démontre les études du projet Mycolav. Notre rédaction relaie cette information.

Forcalquier, le 20 novembre 2018,

Piloté par l’Université Européenne des Saveurs et des Senteurs (UESS), le projet Mycolav rassemble le Centre Régionalisé Interprofessionnel d'Expérimentation en Plantes à Parfum Aromatiques et Médicinales (CRIEPPAM), le Laboratoire d’Ecologie Alpine de Grenoble (LECA) et la start-up sophiapolitaine MYCOPHYTO. Leur défi commun ? Trouver des solutions durables pour faire face au dépérissement de la lavande et du lavandin qui sévit en Provence. Parmi les techniques d'ingénierie écologique envisagée, la mycorhization contrôlée est aujourd’hui à l’étude, et pourrait bien être une clé de la solution.

Un enjeu majeur pour toute une filière
Apiculture, parfumerie, cosmétique mais également attractivité touristique et culturelle, la filière lavandicole de Provence représente un enjeu économique majeur pour le territoire. La France est le premier producteur mondial de lavandin (80 % de la production mondiale) et le deuxième producteur mondial de lavande. Ces cultures représentent, dans le Sud de la France, plus de 20 000 hectares et 9 000 emplois directs. Mais aujourd’hui, la lavande (Lavandula angustifolia) et le lavandin (Lavandula hybrida), plantes emblématiques de la Provence, sont menacés. En cause notamment, le phytoplasme du Stolbur, transmis par la cicadelle Hyalesthes obsoletus, insecte vecteur qui ravage les cultures, créant des dégâts accentués par les sécheresses à répétition.

Innover face au dépérissement
Aujourd’hui, il n’est pas possible d’intervenir contre l’insecte pharmacologiquement, ni contre la bactérie, les antibiotiques étant interdits en agriculture. Des méthodes alternatives de lutte biologique sont donc mises en oeuvre au rang desquelles l’utilisation de plants sains et de semis directs de lavandes, l’enherbement des inter-rangs ou encore la pulvérisation d'argile pendant la période de vol des cicadelles. Cependant, la situation est encore loin d’être satisfaisante et le dépérissement continue de progresser.

Face à cette situation, des alternatives voient le jour. C’est le cas du projet Mycolav dont le degré d’innovation lui permet de bénéficier du soutien de l’Union européenne (fonds FEADER) et du Conseil Régional SUD Provence-Alpes-Côte d’Azur. Piloté par l’Université Européenne des Saveurs et des Senteurs de Forcalquier, ce projet, qui rassemble producteurs, chercheurs et biologistes, vise à trouver des solutions durables pour la filière, basées sur l’utilisation de techniques d'ingénierie écologique telle que la mycorhization contrôlée.

La piste de la mycorhization contrôlée
Têtes d’affiche de cette mycorhization contrôlée, les champignons mycorhiziens à arbuscules (CMA), grands acteurs de la fertilité des sols ! Si la présence de ces derniers dans le système racinaire a considérablement diminué avec l’appauvrissement des sols lié notamment à l’agriculture intensive, les bénéfices que procure la symbiose mycorhizienne aux plantes ne sont pas négligeables : augmentation du volume de sol exploré, optimisation de l’absorption de l’eau et des éléments nutritifs, protection contre les pathogènes racinaires ou encore résistance aux stress abiotiques (sécheresse, salinité et pollution par les métaux lourds).

Le fort potentiel agro-écologique des CMA, reconnu par le corpus scientifique, a conduit le groupe de travail Mycolav à envisager la piste de la mycorhization contrôlée à base de souches exclusivement indigènes. Après avoir caractérisé les communautés de champignons mycorhiziens à l'échelle de parcelles cultivées sur les plateaux d’Albion et de Valensole et étudié les facteurs/paramètres pouvant influencer le développement de cette communauté mycorhizienne, il déterminera l’effet de la mycorhization par souche indigène sur les cultures de lavande et de lavandin en pépinière et en plein champ.

Ces recherches favorisent le développement de pratiques culturales susceptibles de garantir la capacité de résilience d'agrosystèmes dans un contexte de sécheresse et au-delà du changement climatique global.

Pour rappel : 

Le projet Mycolav vise à trouver des solutions durables pour la culture de la lavande (Lavandula angustifolia) et du lavandin (Lavandula hybrida). La stratégie de recherche retenue est basée sur l’utilisation de techniques d'ingénierie écologique telle que la mycorhization contrôlée, bénéfique au développement d'une agriculture moins polluante pour l'environnement et dont les produits sont exempts de résidus chimiques. Il rassemble :
• l’Université Européenne des Saveurs et des Senteurs (UESS), qui pilote l’animation scientifique et territoriale du projet,
• le Centre Régionalisé Interprofessionnel d'Expérimentation en Plantes à Parfum Aromatiques et Médicinales (CRIEPPAM), qui assure la production des variétés de lavandes/ins tolérants, produites sous forme de boutures racinées,
• le Laboratoire d’Ecologie Alpine (LECA), en charge de l’identification des espèces de champignons mycorhiziens,
• et la startup MYCOPHYTO, chargée de la production des inocula spécifiques à base de mycorhizes indigènes et qui conduit les process d’inoculation des plants.
MYCOLAV bénéficie du soutien de l’Union européenne (Fonds européen agricole pour le développement rural – Programme de Développement Rural Régional 2014-2020 et du Conseil régional SUD Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Coût total : 206 764,78 € - Contribution FEADER : 132 329,46 €.

 

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